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LES REFORMES EDUCATIONNELLES

Au Sénégal, le Programme Décennal de l’Education et de la Formation (PDEF) définissant les orientations gouvernementales en matière d’éducation jusqu’en 2010 a été lancé sous l’ère socialiste en 1998. Ce programme s’est fixé cinq objectifs – « généraliser l’enseignement primaire en l’an 2010; La réallouer 49 % du budget de l’Education Nationale à l’enseignement élémentaire; favoriser l’accès et la rétention des filles dans tous les niveaux d’enseignement; assurer un accès plus important d’élèves dans l’enseignement moyen et secondaire; améliorer la qualité de l’enseignement et la recherche universitaire » -, dont leur atteinte dépendrait du degré d’implication des collectivités locales. L’arrivée de l’Alternance a inventé la Case des Tout Petits (CTP) avec un nombre de 24 [Rapport «SESS 2004», p.19] cases sur tout le territoire en 2004. Dans la même année, au niveau de l’élémentaire, l'enseignement privé et l’enseignement public confondus ont scolarisé 1382749[Rapport «SESS 2004», p.19] élèves pendant que les moins de 16 ans étaient de 4545565[Rapport «PPSR 2002, 2004», p.71] enfants. En 2003, l’enseignement moyen a concerné 239413[Rapport «SESS 2004», p.20] jeunes et l’enseignement secondaire 71316[Rapport «SESS 2004», p.21] lycéens. Les deux universités du pays réunies n’avaient que 31172[Rapport «SESS 2004», p.146] étudiants en 2002. Les jeunes de 16-29 ans représentaient 2024510[Ce chiffre est calculé à partir du Rapport «PPSR 2002, 2004», p.72] individus en 2004.
Au regard de l’initiative PDEF dont la réussite dépendrait de collectivités sans moyens significatifs, et des chiffres de nombres d’élèves et d’étudiants par rapport à la portion d’âge devant étudier, on comprend que le sous développement du Sénégal est plus que logique ! Plutôt, c’est le contraire qui serait un grand miracle : Comment le développement peut-il s’inviter dans un pays où plus de 60% [Le taux d’analphabétisme en 2002 est de 60,7%, (Unesco).] de la population ne savent ni lire ni écrire en une quelconque langue ? Un pays avec plus de quatre et demi millions [Rapport «PPSR 2002, 2004», p.71] d’enfants de moins de 16 ans où, en ce début de XXIe siècle, l’enseignement public et l’enseignement privé réunis n’en scolarisent que moins du tiers parce que ne disposant que de 26272[Rapport «SESS 2004», p.142] salles de classes reparties en 6060 [Rapport «SESS 2004», p.19] établissements ? Un pays où les enseignements moyen, secondaire et supérieur réunis ne concernent que moins du cinquième [En 2003, l’enseignement moyen concernait 239413 élèves, l’enseignement secondaire 71316 élèves et l’enseignement supérieur moins de 35000 jeunes. Comparez la somme de ses trois chiffres avec les 2024510 individus de 16-29 ans.] de la tranche d’âge 16-29 ans ? Depuis quand un pays responsable, un pays « qui veut gagner », un pays qui veut progresser ne mise que sur une infirme partie de son potentiel humain ? Il est clair que si nous voulons redresser le Sénégal, l’éducation doit être au centre de nos préoccupations, parce qu’espérer un développement, dans un contexte comme celui qui prévaut actuellement, ne peut relever que de l’illusion.
L’éducation est le fondement du développement, c’est elle qui fait principalement le fossé entre le Nord et le Sud. Avec les faibles pourcentages de nos enfants scolarisés, le pays laisse de coté les acteurs potentiels de son développement futur ; et ceux–ci faute d’acquérir le savoir risquent d’être marginalisés en restant dans le cercle infernal de la précarité voire même la pauvreté. Le Sénégal de la Renaissance, qui a les yeux braqués sur un développement global du pays, adoptera le principe de l’éducation obligatoire jusqu'à 16 ans, il proposera une révision des programmes dispensés du primaire au lycée, et il misera aussi sur de nouvelles infrastructures scolaires et universitaires.

A. LE PRINCIPE DE L’EDUCATION OBLIGATOIRE
Jusqu’à l’âge de seize (16) ans, chaque enfant du Sénégal devra aller à l’école quelque soit le type d’enseignement qu’il fréquentera, et l’Etat aura l’obligation d’y mettre des moyens de sa réussite.
Ce principe inaliénable entraînera un financement sous forme de subventions des écoles catholiques et islamiques. Ce principe, dénommé « l’éducation obligatoire jusqu’à 16 ans », comme son nom l’indique, entraînera une harmonisation des profils de nos écoles religieuses afin que celles-ci soient compatibles avec la nécessité d’intégrer une école, un lycée ou une université, pour un enfant qui a fini ses études religieuses avant ses 16 ans, s’il a accédé parallèlement au niveau requis. Ce principe est fondé sur le désir de faire comprendre à chaque citoyen les enjeux du monde dans lequel il évolue ; sur la nécessité que chaque sénégalais de ce XXIe siècle, au-delà de savoir lire et écrire, doit maîtriser la base de la technologie informatique qui sera indispensable à partir de 2015 ; et sur le fait qu’une personne instruite a une plus grande capacité d’exprimer son potentiel quelque soit son domaine d’activité. L’éducation obligatoire veut donner à chaque citoyen un diplôme monnayable sur marché du travail, afin d’éradiquer la précarité et la pauvreté. Ce qui sera un relèvement du niveau de développement de notre pays
Dans la pratique, l’éducation obligatoire se traduira par une suppression du concours d’entrée en sixième, un maintien du principe de redoublement pour ceux qui n’auront pas le niveau et le recrutement d’assistants de l’éducation qui seront chargés de tuteurer, en dehors des heures de classe, ceux qui auront des difficultés. En troisième, le BFEM [Brevet de Fin d’Etudes Moyennes.] ne sera qu’une passoire pour trier ceux qui auront un haut potentiel. Ceux qui l’échoueront, s’ils auront la moyenne, ils passeront en seconde et le reste redoublera. Ici aussi, les tuteurs auront du service, il leur reviendra d’accompagner les jeunes en difficultés à accéder au niveau requis.
Le développement de lycées techniques et professionnels pour enseigner sur les métiers de la couture, de la peinture, du bâtiment, de la menuiserie, de l’électricité, de la pêche, de l’agronomie, de l’informatique, de la mécanique, de la restauration, du tourisme (…), permettra même à ceux qui ont plus de difficultés de sortir de l’école avec un diplôme valorisé sur le marché de l’emploi.

B. LES REAMENAGEMENTS PROGRAMMATIQUES A chaque niveau de l’éducation du primaire au lycée, des réaménagements sont prévus dans les programmes. Un comité d’experts, chargé de définir le contenu des programmes par chaque niveau, sera mis en place au niveau du ministère de l’éducation nationale.
Au primaire qui débutera à six (6) ans, l’histoire, l’instruction civique et la géographie intégreront plus la dimension panafricaine. On notera l’entrée de l’anglais en CM1 [Cours Moyens Elémentaire première année] et de l’initiation à l’ordinateur en CM2 [Cours Moyens Elémentaire deuxième année]. Le concours d’entrée en sixième sera supprimé et les élèves qui auront la moyenne passeront au collège.
Dés la première année du collège, un système de bourses sera mis place pour ceux qui arriveront avec une moyenne supérieure à 7/10. Ces bourses les accompagneront tant qu’ils resteront au dessus de la barre de 13/20. L’accent panafricain se confirmera au collège où, en dépit des mathématiques, de la physique et de la chimie, de l’informatique, des sciences naturelles, de l’anglais, et d’une langue nationale dont le choix est obligatoire, les élèves s’imprégneront de l’histoire générale de l’Afrique et la géographie continentale ne leur sera pas aucun mystère. L’orientation panafricaine n’exclura pas pourtant la nécessité de leur donner une bonne culture générale sur le monde. Des cours sur l’Europe, l’Amérique, l’Asie et l’Océanie seront aussi au programme.
A la fin du collège, les notes et la vocation de l’élève conduiront à la spécialisation qui commencera dès le lycée. Les lycées professionnels accueilleront ceux qui sont conditionnés à finir tôt leurs études ou tout autre candidat qui a le niveau requis. Les lycées classiques verront un allégement du programme sur tout ce qui n’est pas indispensable dans chaque filière, et à la place, l’informatique, l’anglais et la langue nationale choisie au collège donneront plus de tonus au profil lycéen. Scientifique ou littéraire, l’ordinateur aura sa place dans tous les cursus. Les littéraires consolideront leur bureautique et les scientifiques s’initieront au bas à bas de la programmation.
La percée annoncée de l’informatique et de l’anglais exigeront une remise à niveau du corps professoral et la mise sur le marché d’ordinateurs à soixante dix milles (70000) francs CFA. Quant à la langue nationale, elle exigera que des experts de chaque langue nous proposent un programme. Des compatriotes maîtrisant ces langues, qui auront validé leurs compétences à enseigner par un diplôme, seront recrutés et affectés en fonction des demandes des élèves enregistrées.
Les bacheliers seront casés dans l’enseignement supérieur s’ils le désireront. Les instituts publics et privés, les universités de Cheikh Anta Diop de Dakar et de Gaston Berger de Saint-louis, auxquels s’ajouteront deux nouvelles Universités à orientation scientifique et technologique, la bilingue [Cette université dispensera ses programmes en anglais et en français.] West African Scientific And Technological University « WASAT University » de Ziguinchor [Cette Ville est celle du Sénégal qui est plus proche de deux capitales de pays (Bissau et Banjul).] et Lat Dior Ngoné Latyr Diop de Thiès, offriront un panel de choix sur l’option que nos jeunes voudront donner à leur cursus.
Notre ambition de faire briller le Sénégal dans le domaine des Sciences et de la Technologie, incarnée par l’université LAT DIOR mais aussi par la WASAT University, devra se confirmer à partir de 2015 avec la sortie annuelle de mille (1000) ingénieurs informatiques et télécoms, cinq cents (500) en Génie civile, deux cents (200) en finance, trois cents (300) en biotechnologie, cinq cents (500) en agronomie, cinq cents (500) en mécanique, deux cents (200) en hydraulique, trois cents (300) dans les domaines énergétiques, sans compter ni les techniciens de niveau bac plus deux (+2) DUT [Diplôme universitaire de technologie.] et BTS [Brevet de technicien supérieur.], ni les masters et doctorants qu’ils produiront. Cette contribution des nouvelles universités s’ajoutera aux diplômés classiques de Cheikh Anta Diop et de Gaston Berger dont leurs capacités d’accueil augmenteront.
Ce sont les connaissances et compétences de l’ensemble de nos diplômés des sciences exactes, de littératures et des sciences humaines qui seront décisives pour sortir le Sénégal de l’ombre à la lumière, opérant ainsi un virage de 180 degrés sur notre destin.

C. LES NOUVELLES INFRASTRUCTURES SCOLAIRES ET UNIVERSITAIRES
L'éducation obligatoire exigera un quadrillage du pays. Si une école n’existe pas dans un village, il devra en avoir un au moins dans un rayon de deux kilomètres. Il reviendra à chaque chef de village de signaler tout manquement au président de sa communauté rurale, ce dernier devra le transmettre au sous-préfet qui en informera l’inspecteur départemental de l’éducation de sa zone. Des cantines scolaires sont prévues en milieu rural fonctionnant sur le principe de cotisations des parents d’élèves, bien que d’autres sources soient possibles. Dans chaque communauté rurale [Le Sénégal compte Trois cent vingt quatre (324) communautés rurales (moins les chefs lieux d’arrondissement).], il y aura un collège ; dans chaque arrondissement [Le Sénégal compte Cent trois (103) arrondissements (moins les chefs lieux de département).] si un lycée n’y existe pas, il y sera créer.
Un lycée à statut particulier, situé dans le « Complexe de génies »qui sera construit à Dakar, regroupera chaque année les collégiens qui passeront le BFEM avec une moyenne supérieure à 14/20 sur l’ensemble du territoire. Là, ils seront regroupés en filières « spécialisations » pour poursuivre un enseignement renforcé. Inutile de dire qu’ils seront tous internés et boursiers. Les diplômés de ce « lycée de génie » suivront un cursus universitaire spécial toujours dans le même complexe où ils pourront être rejoints par les bacheliers qui auront leur diplôme avec la mention Bien et Très Bien.

Pour la majorité des étudiants de l’éducation supérieure, deux nouvelles universités scientifiques et technologiques seront construites :

  • Le pole universitaire des Sciences et de la Technologie de l’Afrique de l’ouest dénommé West African Scientific And Technological University (WASAT – University) qui sera implantée à Ziguinchor. .

  • L’université nationale des sciences et de la technologie dénommée Lat Dior Ngoné Latyr Diop (Université LAT DIOR) qui sera implantée à Thiès.

  • Ces deux universités dispenseront des programmes conçus par nos spécialistes, conformément à l’orientation scientifique et technologique que nous comptons donner au pays, et l’Etat s’engagera à les équiper avec les normes et les moyens technologiques qui sont en vigueur dans les universités occidentales.

    Chaque collège ou lycée aura sa bibliothèque, ses salles de révisions et ses salles d’ordinateurs dont le nombre sera proportionnel à la taille de l’établissement. L’extension des NTICs [Nouvelles Technologies de l'Information et de la Communications] permettra une interconnexion des écoles, des collèges, des lycées, des instituts et des universités sur tout le territoire. Des bibliothèques sous la gestion des mairies existeront dans chaque ville. Les mairies pourront offrir des bourses s’ils en auront les moyens à des élèves et étudiants résidents ou ressortissants de leur commune.

    Nous estimons qu’avec l’application de ces réformes éducationnelles, le Sénégal aura mis le fondement devant lui permettre d’assumer son destin. En scolarisant tous ses enfants, leur dispensant le savoir nécessaire pour que chacun puisse contribuer pleinement à notre dynamique de développement, notre nation aura assumé ses responsabilités, respectant ainsi l’un des droits fondamentaux de chaque enfant, le droit à l’éducation.

    Rapport « Situation Economique et sociale du Sénégal édition 2004 » («SESS 2004»),
    Rapport « Situation Economique et Financière en 2005 et Perspectives en 2006 » (SEF 2005 & P 2006),
    Rapport « LA PAUVRETE AU SENEGAL : de la dévaluation de 1994 à 2001-2002 », Version préliminaire Janvier 2004. («PAS1994-2002, 2004»),
    Rapport « Projections de la Population du Sénégal issues de Recensement 2002, janvier 2004 » («PPSR 2002, 2004»).

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